Histoire du village

Depuis la Protohistoire
Le " camp des toupis " est une nécropole constituée de cercles de pierres en surface et d’urnes enterrées. On la rattache à la Protohistoire (du 3e au 1er millénaire avant notre ère). C’est à partir du XIIe siècle que des familles portent le nom du village. En 1176, Pierre de Saint-Félix rend hommage au comte de Foix pour son castrum de Saint-Félix. Après avoir été donné aux seigneurs de Lévis après la croisade contre les cathares, le village entre dans la baronnie de Lapenne constituée en 1300 par Thibaut 1er de Lévis, baron de Montbrun.

Une organisation particulière
Situées sur une légère éminence, les maisons, accolées les unes aux autres, enserrent l’église dont elles ne sont séparées que par la rue. Formant une enceinte en forme d’ellipse, elles participent directement aux fortifications. L’entrée actuelle, composée de quelques marches, occupe l’emplacement d’une porte qui, jusque dans les années 1970, était surmontée d’un passage fermé. On voit encore sur le côté sud les pierres en saillie (corbeaux) qui le supportaient. D’après les cadastres anciens, le village était entouré d’un fossé. Un autre accès a pu exister à l’opposé, au droit de l’ancienne école.

Village ecclesial ou castral ?
Entre l’An Mil et le milieu du XIIe siècle, deux grands types de villages fortifiés se développent dans nos campagnes. Les villages ecclésiaux, propriétés d’un seigneur religieux, sont organisés autour d’un édifice de culte. Dans le grand mouvement de la " Paix de Dieu ", ils deviennent un outil de l’Eglise, pour offrir aux populations refuge et asile. Ils permettent non seulement d’étendre l’évangélisation mais aussi de soustraire les hommes à l’influence des seigneurs laïcs. Nombreux à la suite de la montée en puissance de la société féodale, ceux-ci cherchent aussi à attirer des sujets au pied des maisons fortes qu’ils bâtissent. Cela engendre les castrum. De par sa forme et son nom, Saint-Félix-de-Tournegat possède les attributs du village ecclésial. Cependant, les hommages rendus au comte de Foix à la fin du XIIe siècle, ainsi que les registres d’Inquisition du milieu du XIIIe siècle mentionnent Saint-Félix-de-Tournegat comme un castrum. L'ensemble du village avec ses fossés est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis le 27 mai 1993.

Sur le chemin du retour d'Avignonet
En mai 1242, une expédition de chevaliers occitans réfugiés à Montségur exécute deux Inquisiteurs qui séjournent à Avignonet dans le Lauragais. Cet épisode fait partie des éléments déclencheurs du siège de Montségur un an plus tard. Sur le chemin du retour, ces faydits sont reçus au castrum de Saint-Félix. Selon la déposition d’Imbert de Salles devant l’Inquisition," le curé dudit castrum donna à manger à Pierre-Roger de Mirepoix et à un de ses compagnons. Ce curé et les hommes de ce castrum savaient bien alors que les Frères inquisiteurs avaient été tués par les compagnons de ce Pierre-Roger". La société n’est pas alors divisée entre cathares et adeptes de l’Eglise de Rome. Ce n’est qu’avec l’accélération de la répression que les populations doivent choisir leur camp.

Document tiré du site des  "Pays des Pyrénées cathares" 

D'autres informations  :  http://www.histariege.com/saint_felix_de_tournegat.htm